Général

Interview : Julie Barlow, auteur du “Bonjour Effect”

Listen to this week’s interview with Julie Barlow, bestselling co-author of The Bonjour Effect – Secrets Codes of French Conversation revealed. Language of the interview: French 🇫🇷. Listening level: intermediate/advanced.


Event. Feb. 13th – Meet Julie Barlow at the Léacafé meetup Café. The event is on Feb. 13th Monday – 3pm (CET) / 9pm (Paris time). Free, only on subscription at facebook.com/groups/leacaferoom


Transcription 📄 Updated on Feb. 13th

Chers apprenants de français, bonjour. Ici Léa, vous écoutez Léacafé, le podcast qui vous aide à parler mieux français. Aujourd’hui une invitée très spéciale. Elle s’appelle Julie Barlow. Elle est l’auteur de l’excellent livre The Bonjour effect  c’est un must-read pour vous si vous êtes expatriés en France et que vous voulez mieux comprendre comment communiquer avec les Français, surtout avec les parisiens. Et puis si vous étudiez le français et que vous voulez mieux comprendre la culture de la France. Et enfin si vous voyagez bientôt en France. The Bonjour effect c’est un guide essentiel pour pouvoir bien communiquer et avoir des relations positives avec les Français. Allez on va commencer. L’entretien va démarrer. Restez avec nous  !

(Intro)

Léa : “Bonjour à tous  ! Aujourd’hui nous avons Julie Barlow. Julie qui est écrivain et journaliste et qui a publié un livre que peut-être certains d’entre vous ont déjà lu. En tout cas que beaucoup d’entre vous devraient considérer lire. Ce livre, c’est The Bonjour effect. Bonjour Julie.

Julie Barlow: “Bonjour.

Léa : “Alors tu habites à Montréal, c’est ça?

Julie Barlow: “Oui, j’habite à Montréal depuis une trentaine d’années avec des séjours ponctuels à Paris.

Léa : “Tout le monde me dit que Montréal, c’est génial. Tu aimes vivre là-bas  ?

Julie Barlow: “Ouais ouais, on aime beaucoup ça. C’est drôle parce que en ce moment, depuis quelques années, il y a énormément de Français qui viennent s’installer à Montréal pour travailler. Il y a des échanges entre le Canada et le France. Donc c’est vraiment devenu populaire auprès des Français. Ça on le sait, mais je présume qu’une fois qu’ils surmontent les difficultés de l’hiver, ça se passe bien. C’est une ville facile à vivre et évidemment, on y parle français.

Léa : “Oui, bah oui, c’est une ville réputée bilingue. Et donc pour toi au quotidien, pour ta famille comment ça se passe  ?

Julie Barlow: “Mais, faut dire d’abord que je ne suis pas francophone native. J’ai appris le français. Ça va être intéressant pour vos étudiants, j’ai appris le français à l’âge de vingt ans. Donc il y a une communauté à Montréal. Une communauté historique d’anglophones et des gens comme moi, des immigrés si vous voulez. Et c’est à peu près moitié anglophone, moitié francophone. Un peu plus de francophones. Les anglophones sont généralement très bilingues, les francophones pas mal bilingues, un peu moins. Et les deux langues…enfin on entend les deux langues tout le temps. Ça dépend un petit peu du quartier. Ici dans l’est de la ville, là où on habite, c’est assez francophone avec des petites poches d’anglophones ici et là. Et dans d’autres quartiers de la ville c’est presque totalement anglophone mais ça change tout le temps. Et il y a vraiment un mélange un peu partout maintenant. C’est intéressant, les immigrants sont tenus…les immigrants de d’autres pays sont tenus d’apprendre le français, leurs enfants sont obligés d’aller à l’école en français. Et donc il y a quand même francisation qui se passe un peu toujours. Mais on a l’impression qu’ils demandent de l’anglais, l’attrait de l’anglais, l’emploi, la proximité des États-Unis, le Canada anglais et tout. Donc ça fait une ville où on ne sait pas trop dans quelle langue aborder les gens. Mais généralement, c’est en français.

Léa : “Et justement, à l’école pour les petites, le français c’est la langue des cours  ?

Julie Barlow: “Pour les langues, il y a deux systèmes scolaires. Plusieurs commissions scolaires. C’est très décentralisé ici, comme partout en Amérique du Nord. Donc on a un système francophone et un système anglophone parce que les ayants-droits des anglophones natifs du Canada anglais ont le droit de poursuivre leurs études en anglais ici. Donc c’était le cas de mes filles parce que leur mère était anglophone canadienne. Elles avaient le droit d’aller à l’école en anglais. Mais il n’y a pas énormément d’école et puis il y a de moins en moins d’élèves dans ces écoles là parce que peu importe leurs origines francophones ou anglophones, les gens ici reconnaissent que le français est vraiment la langue la plus importante. En fait, c’est la langue officielle. Et les anglophones on dirait qu’ils veulent profiter du système francophone pour que leurs enfants apprennent bien le français et qu’ils puissent fonctionner vraiment bien dans notre société québécoise. Les anglophones en général, on a quand même conscience de notre langue. On se dit que ça va s’apprendre, c’est comme un esprit un peu différent des Français. Les francophones, les Français en particulier mais les francophones partout, sont plus, je dirais, sur un style d’apprentissage plus formel, plus porté sur la correction…

Léa : “Ah oui, c’est vrai, c’est plus traditionnel.

Julie Barlow: “Ouais, plus traditionnel je dirais. Mais les gens s’inquiètent pour la qualité de l’éducation fortement en France tandis qu’en anglais, c’est sûr que les parents sont exigeants, mais pas de la même façon. On a quand même confiance dans la possibilité d’apprendre l’anglais de façon plus informelle. Et de fonctionner bien en anglais sans avoir nécessairement de soutien formel. Moi mes enfants sont allés l’école en anglais mais dans un système d’immersion en français donc elles ont quand même appris les deux langues à l’école primaire. Et puis ensuite ils sont passés dans le système francophone et après ça, on verra c’est vraiment à elles de décider. On a beaucoup ça à Montréal, c’est beaucoup de mixité, vraiment intéressant.

Léa : “Et en ce moment, c’est Montréal, c’est la ville bilingue et vous avez aussi fait l’expérience d’une ville bien unilingue, c’est Paris. Ça, c’est 100 % bien français. Et donc, qu’est ce qui vous a amené à Paris  ?

Julie Barlow: “Mais à Paris, la première fois qu’on est allé à Paris. C’était en 99, ça remonte jusqu’à 15 ans maintenant et on avait une bourse d’une fondation américaine pour étudier les Français. On avait à peu près trente ans à l’époque et on était libre d’étudier, on avait choisi la France. Je peux te le dire honnêtement, on avait choisi la France parce que on avait comme la capacité d’exercer, enfin de répondre aux exigences de cette bourse là en France. Il y a plusieurs boursiers qui sont dans d’autres pays que nous. On s’est dit parce qu’on était francophone…

Léa : “Expliquons le mot « bourse ». Une bourse, c’est une aide financière.

Julie Barlow: “Ouais c’est une aide financière qui venait de fondation privée. Donc qui envoie des jeunes autour de trente ans. Donc nous on était allé en France avec la question ou l’espèce de thématique du projet c’était : pourquoi la France résiste à la mondialisation.

Léa : “Bon sujet, c’est un sujet pertinent  !

Julie Barlow: “Mais là, à l’époque, on parlait beaucoup de la résistance de la France. Mais maintenant c’est une question très différente. Mais on s’est rendu compte très rapidement en fait que les Français ne résistaient pas vraiment à la mondialisation. Mais ils voyaient ça d’une façon complètement différente que les Américains. Donc on a laissé tomber la question, on a décidé de se concentrer sur les espèces de malentendus entres les Français et les Américains, entre la civilisation française et nord-américaine. Quelques fois on ne se comprend pas, parce que dans le fond, nous on a compris assez rapidement qu’il s’agissait souvent d’un malentendu. Donc on a fait un premier livre sur les Français qui décrivait vraiment la société française et les mœurs des Français. Ensuite, on est venu au Québec, on a écrit deux autres livres. En 2013 et 2014, l’année scolaire de nos filles qui étaient en CM1 à l’époque, on a décidé de retourner une année à Paris. On avait envie d’aller à Paris, ça nous convenait la vie parisienne. Et on avait le projet d’étudier le livre dont on parle Le Bonjour Effect.

Léa : “Donc si je résume vous êtes allé à Paris une première fois en 1999 avec un projet d’étude sur pourquoi les Français résistaient à l’internationalisation. Et petit à petit ce projet il a évolué et puis ça s’est transformé en ce livre Le Bonjour Effect.

Julie Barlow: “Oui avec trois livres entre temps  ! Mais c’est exact, oui.

Léa : “Et qu’est ce que vous exposez dans ce livre, qu’est-ce qui qui peut être utile pour les voyageurs surtout nord-américains qui voyagent à Paris  ?

Julie Barlow: “Ouais, mais voilà, c’est tout le livre qui est utile, ou on l’espère en fai. Mais c’est parce que on se rend compte que les gens jugent vraiment très rapidement les Français. Mais en même temps les Français ont peut-être…les Français ont exporté notre culture au point où les gens dans la civilisation anglo-saxonne d’Amérique du Nord, en particulier, on a l’impression qu’on connaît les Français, qu’ils sont juste comme nous mais mieux dans la cuisine, dans la culture. Ils sont comme sophistiqués, on admire la culture française mais on oublie que c’est vraiment une autre culture avec d’autres codes. Donc les gens vont à Paris, ils rêvent de vivre l’expérience, la vie parisienne, de voir l’art, d’être exposés à la culture et de manger évidemment. Et puis rapidement ils se rendent compte, ils ont l’impression que les Français sont pas aussi gentil que ça. En fait ils les trouvent…on dit «  rude  » en anglais  ! Ils sont malpolis. Suivant des réactions comme ça, même des gens qui travaillent en France depuis longtemps, qui ont les mêmes problèmes toujours avec les réactions. Ils trouvent les gens… Ils disent non, ils ne répondent pas, ils sont malpolis…d’où la réputation des Français d’être un peu arrogant. Et nous, ce qu’on voulait faire avec ce livre là, c’était de trouver, puis d’expliquer les codes. Pourquoi, on a de telles réactions rencontrées quand on va au restaurant, quand on parle à des personnes à qui on demande des informations. Donc c’est comme une liste de sujets et on traite chaque sujet un à la fois.

Léa : “Et donc dans cette liste là, il y a le premier chapitre qui m’a marqué. C’est comment vous parlez du «  bonjour  ». Le «  bonjour  » fonctionne comme une formule magique pour commencer la communication. Alors, dis moi Julie, qu’est ce que c’est un «  bonjour  » parfait  ?

Julie Barlow: “Un «  Bonjour  » parfait, c’est tous les «  bonjours  ». Commençons par expliquer un peu qu’on ne peut pas commencer à parler à un Français sans commencer par «  bonjour  ».

Léa : “C’est vrai  !

Julie Barlow: “Ça semble évident mais les gens l’oublient en fait. Parce que nous, on a pas cette espèce de façon assez formelle finalement de commencer la conversation en Amérique du Nord. On est pas comme ça. Il faut dire «  bonjour  » avant de demander quelque chose, avant de pouvoir parler à quelqu’un. Si on rentre dans le territoire, un magasin, il faut dire «  bonjour  ». Avant de demander une information, même dans l’épicerie, on en peut pas juste rentrer puis dire «  excusez, excusez-moi, j’aimerais savoir telle ou telle info  ». C’est comme demander la permission de commencer à discuter, à communiquer, à parler, à converser avec quelqu’un.

Léa : “Oui, demander la permission, c’est vrai.

Julie Barlow: “Donc le «  bonjour  » parfait, c’est le «  bonjour  »… en fait, si tu as l’impression que tu dis «  bonjour  » trop dans ta journée, c’est que tu es probablement à peu près correct  ! Faut le dire toujours à tout le monde et il faut attendre qu’il te réponde «  bonjour  ».

Léa : “Oui, c’est ça  ! Et ça c’est un détail que tu mets dans ton chapitre. Les détails comptent. C’est que  : on dit «  bonjour  » et on attend quelques secondes que l’autre personne réponde «  bonjour  ». Parce que si on dit bonjour et qu’après on pose sa question tout de suite. Bah ça, les gens considèrent ça comme malpoli. Ça tu l’expliques très bien.

Julie Barlow: “Oui, c’est malpoli en fait parce que on est en train de demander la permission.. Il faut attendre une réponde, il faut attendre le «  oui  » en fait. Pour commencer à parler. C’est quelque chose qui est vraiment facile à oublier, surtout dans la vie quotidienne, on y pense pas pour nous les Nord-américains. Et, nous malgré nos années en France, quand on est retourné en France en 2013, on avait tendance à oublier ça. Donc on raconte dans le livre, quand on va à l’épicerie demander, quand j’allais chercher des œufs, et je rentre, et il y a quelqu’un qui… un employé qui s’affaire à faire quelque chose…et moi dans ma tête américaine, nord-américaine, je dis toujours «  excusez-moi monsieur…tatatata  ». Et puis là, il était vraiment pas content avec moi, il s’est moqué de mon accent anglais et il a pointé du doigt en fait les œufs, il ne m’a pas montré, il ne pas amené au coin du magasin ou je trouverai ça. Et puis je me suis rendu compte après, qu’est ce que j’ai fait  ?… En revenant du magasin, ah oui, je n’ai pas dit «  bonjour  »  !

Léa : “Ah bah oui c’est ça, le «  bonjour  » fatidique.

Julie Barlow: “C’est ça, c’est sa place, son environnement. Je rentre, une étrangère, je sais que c’est à personne puisque c’est un magasin, mais c’est son espace et il faut que je demande permission de commencer à parler avec quelqu’un. Ça pour les Nord-américains, c’est vraiment, vraiment difficile à comprendre, surtout dans les magasins où, on se considère…quand on rentre, nous on a l’impression que les gens sont là pour nous servir. C’est aux autres de nous dire «  bonjour  ». Et s’ils ne le font pas, c’est vraiment malpoli, mais c’est le contraire en France. Il n’y a aucun problème avec ça. Voilà, donc on a eu ce genre de problème, même sachant qu’il fallait le faire. C’est vraiment une habitude, ça prend du temps avant d’avoir le «  bonjour, bonjour  ». Et, à un moment donné, on le fait vraiment tout le temps et on n’y pense plus.

Léa : “Oui, ça devient un réflexe. Comme tu dis le «  bonjour  », c’est quelque chose de territorial, donc vous rentrez dans un magasin vous dites «  bonjour  ». Vous croisez quelqu’un dans une rue un peu étroite, on dit «  bonjour  ». Dans la nature, dans la forêt, si on croise quelqu’un qui fait son jogging et bah on va faire, on va prononcer le «  bonjour  » avec la bouche. C’est une question de territoire, d’entrer dans le territoire.

Julie Barlow: “Et même dans l’autobus. On raconte une anecdote dans le livre, on rentrait un matin dans l’autobus pour s’en aller à Fontainebleau, et le conducteur…on a simplement, on a rien dit… Dès fois, on va dire «  bonjour  », mais c’est pas vraiment nécessaire et il était vraiment insulté. Ils nous a appelé des mal-élevés devant nos enfants.

Léa : “Non mais c’est vrai  ! Quand un groupe d’enfants rentre dans un bus, s’il y a 30 enfants on va entendre 30 «  bonjour  »,  «  bonjour  », «  bonjour Monsieur  », «  bonjour  », c’est la ribambelle de «  bonjour  ».

Julie Barlow: “Donc la vie est beaucoup plus plaisante, les choses se passent bien une fois qu’on a compris le «  bonjour  ». En ensuite on parle d’une série de codes.

Léa : “Ok, il y a autre chose dont tu parles dans le livre. C’est que les Français aiment bien dire «  non  ». Et tu expliques que ce «  non  », eh bien, il fait partie de la dynamique de la conversation en France. Est-ce que c’est bien ça  ?

Julie Barlow: “C’est ça, j’avoue que l’origine du réflexe de dire toujours «  non  », je ne comprends pas trop. Les Français sont toujours aptes à dire «  non  », ils vont souvent souvent dire «  non  ». Mais pour l’étranger, ce qu’il faut comprendre, c’est pas logique derrière. Mais le fait que le non, c’est pas mettre fin à la conversation, c’est pas pour dire, je ne veux plus en discuter, c’est la réponse finale. Moi, je décris ça comme plus «  bargaining position  » en anglais…Je ne sais pas comment traduire… C’est une position qu’on prend pour achever une négociation.

Léa : “Oui, ça fait sens. Pour moi, il y a un fondement dans ce «  non  » qui vient de l’art de la dialectique française. C’est que dans les écoles en France, vous savez tout le monde étudie la philosophie pendant plusieurs dizaines et des dizaines d’heures pendant l’adolescence et on apprend la dialectique. La dialectique c’est le fait d’apprendre à s’auto-contredire nous-mêmes. C’est-à- dire si j’ai une opinion, je dois pouvoir déconstruire ma propre opinion pour rendre la pensée, la réflexion plus intéressante. Et dans les réunions de famillen dans les réunions, mais aussi avec des personnes qu’on rencontre pour la première fois on aime bien créer de l’opposition.Car on trouve que ça enrichit le dialogue et que si dans une dans une conversation, les deux personnes sont d’accords, au final, la conversation est finie, il n’y a plus rien à dire. Et ça c’est une attitude qui est fréquente chez les professeurs. Les professeurs, ils peuvent contredire un élève même s’ils sont d’accord avec cet élève mais pour encourager l’étudiant à développer sa pensée.

Julie Barlow: “Ouais, c’est bien ça. Mais moi, une Canadienne qui arrive à Paris justement pour chercher une carte de métro. Et j’arrive au comptoir et je présente mon problème  : «  bonjour  », «  bonjour  ». Je pose un peu le problème et puis là, je n’avais pas les papiers d’identité qu’il fallait et la dame derrière le comptoir me dit «  non  ». Je veux bien qu’on apprenne…mais…

Léa : “Ouais, ça c’est pas vraiment de la dialectique. C’est plutôt de la bougonnerie  !

Julie Barlow: “Mais, j’ai compris que c’est quand même, cet espèce de «  non  » automatique qui veut pas vraiment dire «  non  » mais «  montrez-moi ce que vous avez là  ». C’est ce que j’ai compris et j’ai sorti des mots, des expressions, des noms, l’adresse d’école de mes filles pour indiquer que j’étais vraiment une parisienne. Parce que, ce qu’elle doutait, ce qu’elle voulait c’était des techniques pour prouver que j’étais vraiment une parisienne, une résidente de Paris. Donc, elle commence par me dire «  non  » et puis j’aurais pu m’en aller frustrée, mais au lieu de faire ça, j’ai comme ramassé mes filles à côté de moi et puis on a parlé, j’essaye de lui montré de façon un peu convaincante, sans les papiers qu’il fallait que j’étais parisienne. Et puis elle m’a cru, et elle m’a donné la carte de métro. Les Français peuvent dire «  non  », ils ont l’air agaçant, peut-être hyper bureaucratique. Moi je pense que tous les pays ont la bureaucratie. Mais les Français disent «  non  » et les gens se découragent vraiment rapidement, les étrangers. Mais en fait c’est juste, ça fait partie de la discussion, ça fait partie de la façon qu’on discute avec les Français. Ils vont souvent, souvent souvent dire «  non  ». Et c’est différent du négativisme. En fait ce que tu viens de décrire, la façon d’apprendre à approfondir la conversation. Çà, il y a le «  non  », il y a aussi l’espèce de posture négative que les Français ont tendance à prendre aussi et qui est un peu différent. Nous ce qu’on a compris, ce qu’on décrit dans le livre, c’est ce que tu viens de dire, c’est que les Français trouvent beaucoup plus intéressant la…

Léa : “La confrontation  !

Julie Barlow: “C’est vraiment ennuyant pour un Français, d’être autour de la table et d’avoir tout le monde qui est d’accord. Ils ont raison  ! Pour un étranger, il faut comprendre que le «  non  » et le négativisme, c’est pas une fermeture. C’est le contraire, c’est une façon d’inviter les gens à discuter, à approfondir le sujet.

Léa : “Oui Julie, il faut le voir comme un piment.

Julie Barlow: “Oui.

Léa : “Comme quelque chose qui pimente la conversation. C’est comme ça que les Français le voient. Et puis comme tu dis si c’est dans des contextes plus pratiques comme obtenir une carte de transport, obtenir un service, eh bien là, faut insister, faut oser, faut pas hésiter à être chiant soi-même. Excusez-moi pour le mot.

Julie Barlow: “Il faut se préparer à ça un peu tous les jours. On sort et on sait qu’on va…Moi j’imaginais ça un peu comme mettre des gants de boxe tous les jours un peu. Je savais inévitablement que j’allais être en confrontation avec quelqu’un mais les Nord-américains…

Léa : “Oui, c’est vrai…

Julie Barlow: “D’où le sourire des Nord-américains que les Français n’aiment pas. Parce qu’on a l’air stupide quand on s’est trompé.

Léa : “Alors en fait Julie, récemment, tu sais que j’ai habité aux États-Unis pendant presque un an et puis j’ai essayé de m’inspirer des choses positives de mon pays et puis aussi des États-Unis et j’ai trouvé que la combinaison «  bonjour  », plus sourire américain, c’était un cocktail qui marchait super bien avec mes compatriotes donc nos auditeurs peuvent sourire. Moi je les encourage au contraire. Et puis tant qu’on dit bonjour début, c’est bon, ça marche.

Julie Barlow: “Mais effectivement, il n’y a pas… C’est drôle parce qu’à Montréal, on a comme une influence de la culture française mais dans une société nord-américaine. Mais ça va mieux quand on dit «  bonjour  » aussi ici. Mais faut le faire avec le sourire évidemment.

Léa : “Oui voilà.

Julie Barlow: “Tu as absolument raison, c’est une politesse. Tu démontres que tu es ouverte à discuter, à parler.

Léa : “Oui, c’est ça.

Julie Barlow: “C’est un bon truc, faut dire que les Canadiens, ont comme la réputation d’être un peu plus réservé. C’est une culture plus américaine, mais pas tant que ça non plus. C’est un bon truc  !

Léa : “Donc, dans ton livre, il y a le le conseil sur le «  bonjour  » sur le «  non  ». Il y a aussi des chapitres qui sont dédiés aux systèmes administratifs français, à l’éducation. Moi j’ai adoré ce livre là, et je le recommande à tout le monde. Et en fait j’aimerais bien lire un autre de tes livres. Hélas, je ne sais pas vraiment lequel. Alors lequel pourrait intéresser notre audience d’apprenants de français  ?

Julie Barlow: “Écoutez, pour ceux qui veulent voyager en France, mon premier livre Sixty million Frenchmen can’t be wrong. On décortique vraiment la société française. C’est un peu le même style que Le Bonjour Effect  en fait. Le Bonjour Effect est inspiré du premier livre. C’est pas une analyse académique. C’est vraiment des anecdotes, pour mieux comprendre la France, les gens, l’importance de la cuisine, la langue. On passe pas mal de sujets. Ensuite, pour ceux qui étudient le français j’imagine que c’est la majorité aujourd’hui qui écoute, c’est The Story of French qui est notre grand livre historique sur la langue française telle qu’elle est parlée au monde. Donc ça c’est notre deuxième livre. On a voyagé en Asie, en Amérique, en Afrique pour raconter comment la langue française est ainsi répandue sur la planète. C’est un livre plus long, plus dense, plus historique. On a eu un bon succès avec ce livre aussi et troisièmement un livre sur l’espagnol en fait qui est un peu dans le même style mais sur la langue espagnole.

Léa : “Et donc, vous allez renouveler l’expérience, habiter dans un pays hispanique pour y étudier  ?

Julie Barlow: “J’aurais bien aimé, mais pour écrire The Story of Spanish, on a habité aux États-Unis qui est quand même un pays hispanique, qui ne l’avoue pas de façon officielle mais on a vécu dans le Sud-Ouest, en Arizona des États-Unis. Prochaine étape, on veut vivre au Mexique, mais on a pas projet de livre attaché. Et j’apprends l’Allemand. On part dans différentes directions, on verra…

Léa : “Et l’arabe  ?

Julie Barlow: “Ouais et l’arabe. On a longtemps rêvé de faire un livre sur l’arabe. Jean-Benoît, mon conjoint il a fait des études assez avancées en arabe, langue arabe. Mais, la vie, avec les enfants qui ont quand même pas mal voyagé, quand même pas mal vécu dans d’autres pays, on a envie de rester un peu tranquille chez moi. Ça nous limite un peu dans les prochaines années, mais après ça, on verra.

Léa : “Donc merci Julie.

Julie Barlow: “Merci à toi. C’est vraiment un plaisir de discuter du livre.

(Outro)

Reviews

«Une description de la France vivante et informative. C’est à la fois un guide utile pour les voyageurs et une excellente introduction à la culture et à l’histoire de ce pays complexe.» – Lysiane Gagnon, The Globe and Mail

J’adore ce livre!» — Michael Patrick Schiels, Michigan’s Big Show

“Ce livre attachant et souvent très drôle, rempli d’exemples tirés de l’expérience personnelle des auteurs, explique par le menu cet art le plus essentiel des Français: la conversation.” —Ann Mah, auteure de “Mastering the Art of French Eating”

Choose to purchase the book with  my affiliate link and help the podcast grow! Merci.

Amazon US

Amazon FR

Amazon UK

Author Léa Tirard-Hersant

Host of the Staircase

More posts by Léa Tirard-Hersant

Leave a Reply

1 Comment on "Interview : Julie Barlow, auteur du “Bonjour Effect”"

Notify of
avatar
Sort by:   newest | oldest | most voted
trackback

[…] Julie Barlow parle de son dernier livre, The Bonjour Effect, avec Léa Tirard-Hersant, sur le site de son école de langue virtuelle, Léa Café.  Écouter ou lire l’entrevue ici. […]

wpDiscuz